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Le Cameroun avant la colonisation

Quand on parle de « Cameroun pré-colonial », il s’agit de l’histoire du Cameroun avant la colonisation européenne allemande qui commence en 1884.

Avant le début de la colonisation allemande, le Cameroun en tant que "État" n’existait pas. De l’océan atlantique jusqu’aux bords du Lac Tchad, une multitude de peuples vivait sur ce territoire et chacun avait sa propre organisation sociétale.


> Sur le plan politique, on distinguait :

- Les États centralisés avec à leur tête des chefs puissants qui avaient tous les pouvoirs comme par exemple au Nord Cameroun, avec les "lamidat" dirigés par des "lamibé" qui sont chefs politiques et religieux. A l’ouest, les chefferies ayant à leur tête un Fo ou Fong.

- Les structures politiques acéphales qui n’ont pas de véritable organisation centralisée. "Acéphales", sociétés sans chefs; Ce sont par exemple : Les peuples des forêts du Sud, Les peuples kirdi du Nord. Elles sont claniques et admettent l’autorité d’un chef de famille ou patriarche dont l’autorité est beaucoup plus morale ; En tant que gardien de la tradition.


> Sur le plan de l'organisation sociale, on en distinguait deux modèles :
- Les sociétés égalitaires dans les anarchies.
- Les sociétés hiérarchisées (en classes sociales) dans les États centralisés.
  Ils reconnaissent l’existence des classes (hommes libres et esclaves).

> Sur le plan religieux, trois religions avaient cours :

- L’islam dans les lamidats et dans les chefferies Bamoun.
- Le christianisme sur la côte.
- L’animisme chez les autres peuples.


> Sur le plan économique, l’agriculture, l’élevage, la pêche, le ramassage, la cueillette et l’artisanat étaient pratiqués.
Sur la côte et aux bords du Lac Tchad, le commerce des esclaves était pratiqué. Le troc était le moyen d’échange.

Les peuples bantous se nichent dans la zone couvrant le sud-ouest de l'actuel Cameroun et le sud-est du Nigeria au Ier millénaire avant notre ère.

Les Tikars, les Bamouns et les Bamilékés migrent ensuite pour s'installer sur les hauts plateaux camerounais.

Au XVIe siècle, la région du Nord, est sous le contrôle de l'empire de Kanem-Bornou ; premier état connu des historiens.
La civilisation des Saos, (mal connue), se développe dans le bassin du lac Tchad. Il devient musulman au IXe siècle et atteint son apogée à la fin du XVIe et au XVIIe siècle.  Cet empire veut imposer sa souveraineté à la majeure partie du territoire camerounais. Mais se heurte à la résistance des peuples et des petits royaumes camerounais (notamment les royaumes kotoko et mandara).

À la fin du XVIe siècle, la grande vague migratoire des Peuls (ou Foulbés), peuple de pasteurs nomades qui se déplacent d'Ouest en Est depuis le Macina, atteint le lac Tchad.  Au siècle suivant, les Peuls s'implantent dans l'Adamaoua actuel, contribuant à la diffusion de l'islam. Ils s'organisent en petits États théocratiques musulmans, dirigés par un lamido, à la fois chef politique et spirituel.

Le royaume Bamoun est fondé à la fin du XVIe siècle et prend son essor sous le règne de Mboumbouo Mandù, à la fin du XVIIIe siècle. Il étend son territoire par la guerre et consolide son pouvoir, au début du XIXe siècle, les États musulmans étendent et consolident leur pouvoir.

En 1804, Usman dan Fodio et les Peuls du Nigeria lancent une guerre sainte contre les Haoussas afin d'étendre le royaume toucouleur. Forts de cet exemple, les Peuls du Sud rallient leur cause et propagent le djihad dans leur région. Adama, chef des Peuls du sud, prend le titre de cheikh et les plateaux du Sud islamisés prennent le nom d'Adamaoua. Leur capitale, Yola, se trouve sur la Bénoué. Le lamido Adama meurt en 1847.

Le royaume bamoun doit lutter contre l'expansion peule.


Du XVIe au XIXe siècle

À la recherche de la route des Indes, les Portugais arrivent sur les côtes en 1472. Étonné par le nombre de crevettes, le navigateur Fernando Póo baptise le pays « Rio dos Camaroes» ce qui veut dire "rivière des crevettes" (l'estuaire du Wouri). Vers 1532 la traite des Noirs se met en place notamment grâce à la collaboration des Doualas. Les européens n'y fondent cependant pas d´établissements permanents comme Luanda ou Saint-Louis à cause des côtes marécageuses, difficiles d'accès et infestées de malaria.

Au XVIIIe siècle arrivent les pasteurs peuls ou (Foulbe) venus de l'ouest, qui refoulent les Kirdis et les Massas de la plaine du Diamaré, entre Logone et Bénoué. Ils islamisent les plateaux du Sud. Leur chef, Ousmane dan Fodio, envoie son guerrier Adam islamiser les plateaux du Sud, rebaptisé Adamaoua. Il est stoppé par le royaume Bamoun. Le royaume Bamoun s'islamise sous l'impulsion du roi Njoya. Njoya restera célèbre pour l'alphabet composé d'idéogrammes qu'il crée et pour la carte du pays qu'il fait établir.