usman dan fodio  2-min

Premiers explorateurs du Cameroun

Les 1ers étrangers qui auraient foulés le sol camerounais seraient des Peuhls au cours du périple de prosélytisme.

Le Cameroun a peut-être été atteint vers le Ve siècle avant notre ère par les Carthaginois. (Carthage (arabe : قرطاج ou Qarṭāj [qærtˤɑʒ]) est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis.)

Le Périple de Hannon fait allusion à une montagne appelée le Char des Dieux, et qui pourrait en effet être le Mont Cameroun. Mais rien de certain ne peut être dit à ce sujet, pas plus qu'à celui des mystérieux Sao, une population qui aurait vécu dans la partie Nord du pays au Xe siècle.

L'histoire de cette région ne semble pouvoir s'écrire de façon assurée qu'à partir du moment où les Peuls, venus du Nord se sont mêlés, d'abord pacifiquement, aux populations locales du Nord-Cameroun au XVIIe siècle.

Par la suite, l'éveil et le développement sans précédent du prosélytisme musulman qui a commencé à toucher toute la région sahélienne au début du XIXe siècle a bouleversé la donne.

Sous l'impulsion du mystique soufiste Usman Dan Fodio (1754-1817), qui depuis Sokoto, puis du  pays Haoussa, a proclamé en 1804 la guerre sainte, les peuls s'emparent du pouvoir dans plusieurs des pays qui les ont jusque là accueillis.

Après le retrait de Fodio, en 1809, Adama, son successeur poursuit ses conquêtes. Il s'empare (avec difficulté) du vieux royaume du Mandara, fondé au Nord du Cameroun au XVe siècle, passé sous le joug du Bornou au XVIe siècle, et de nouveau indépendant au XVIIIe siècle. Puis, à partir de 1822, Adama accentue sa pression sur une grande partie du Nigéria et du Cameroun jusqu'au plateau de l'Adamaoua (anc. Foumbina), qui lui doit son nom. Ce sera une occasion du réveil des populations locales. Les Tikar, les Bamileke et les Bamoum.

Les Tikars seront plus ou moins soumis aux Peuls. Les Bamilekes se réfugient sur la partie centrale du plateau camerounais où ils s'organisent en chefferies. Quant aux Bamoums, ils auront sans doute le destin le plus connu grâce au système d'écriture qui y est inventé à la fin du XIXe siècle.

Le sultanat de Bamoum a été fondé au XVIIIe siècle par Tcharé (= Nacharé), fils d'un chef Tikar émigré. Sa capitale en était Foumban, à l'ouest du Cameroun. Les successeurs de Tcharé agrandiront son territoire jusqu'à la rivière Noun.

Le Bamoum va constituer dès lors un rempart à l'avancée des peuls qui menacent depuis le massif d'Adamaoua, mais devra renoncer, au moins partiellement, à son indépendance à l'installation des Allemands en 1902.

L'écriture de Bamoum :

Njoya, le 17e sultan de Bamoum, au pouvoir entre 1888 et 1923 a été l'inventeur d'un alphabet basé sur 502 idéogrammes (puis réduit à 83 signes). Il a ensuite créé des écoles pour en assurer la diffusion, et s'est occupé de recueillir les traditions orales, les lois et les coutumes des siens pour les retranscrire dans son système d'écriture.