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Le Cameroun sous tutelle de l'ONU

Naissance de l'ONU : La SDN ayant failli à sa mission avec l’apparition de la 2ème guerre mondiale ; il fallait créer un autre organisme visant le même but mais plus fort que la SDN ; c’est ainsi que du 25 Avril au 26 Juin 1945 à San Francisco (États-unis d’Amérique) à une conférence où 50 pays participent, l’on adopte la charte c'est-à-dire le règlement des Nations Unis.

Le 24 Octobre 1945 la majorité des pays ratifient la charte, l’organisation des Nations Unies en abrégé ONU est née avec pour but de :

Préserver les générations futures de la guerre
Proclamer les droits fondamentaux de l’homme, la dignité et la valeur de la personne Humaine
Proclamer l’égalité de sexes ainsi que des nations grandes et petites
Créer des conditions vers des traités et autres sources du droit l’international
Favoriser le progrès social et restaurer des meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande.

Avant la 2ème guerre mondiale le Cameroun était sous mandat de la SDN mais maintenant il passe au statut de sous tutelle de l’ONU.

Le but final est nettement défini dans l’article 76 de la charte des nations-unies à savoir :

« favoriser le progrès politique économique et social des populations ainsi que le développement de leur instruction, et favoriser également leur évolution progressive vers la capacité de s’administrer elles-mêmes ou l’indépendance, compte tenu des conditions particulière de chaque territoire à ses populations, des aspirations librement exprimées des populations intéresses et des dispositions qui pourront être prévues dans chaque accord de tutelle… »

Le 13 décembre 1946, l’Angleterre et la France signent les accords de tutelle qui sont approuvés par l’assemblée générale de l’ONU ; le Cameroun sous tutelle Française sera administré comme partie intégrante du territoire français et selon la législation française et le Cameroun sous tutelle Britannique selon la législation Anglaise.

Globalement, de 1945 à 1959, le Cameroun sous tutelle, connaît un développement considérable sur presque tous les plans.

Dès les années 1940, les autorités coloniales encouragèrent la diversification agricole. C’est l’apparition de nouvelles cultures de rentes comme le café dans l’ouest ou le coton dans le nord. L’élevage et l’exploitation du bois prirent une dimension nouvelle grâce aux nouvelles routes.

En 1946, une Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) fut constituée; depuis 1945 Louis-Paul Aujoulat (MRP, siège de 1945 à 1955) et Alexandre Douala Manga Bell (MRP, siège de 1945 à 1957) siègent déjà à l’Assemblée nationale française, rejoints par Jules Ninine (guadeloupéen) de 1946 à 1958. André-Marie Mbida et Maurice Plantier (futur député des Pyrénées-Atlantiques en 1973-1978) y siégeront pour leur part en 1956-1958.

Cette période voit l’ouverture de nouvelles écoles tant publiques que privées et aussi de plusieurs écoles secondaires, dont le lycée Leclerc.

Les autorités coloniales commencèrent à envoyer les meilleurs étudiants à Dakar et en France pour suivre des études supérieures.

  
                                                                                                                       Louis-Paul Aujoulat

Au Cameroun Oriental :

L’évolution Politique du Cameroun de 1945-1959 :

ARCAM :

A l’intérieur, on a l’assemblée représentative du Cameroun (ARCAM) instituée par décret du 25 Octobre 1946 chargée de gérer les intérêts propres du pays. Elle est composée de 40 membres dont 16 français élus par le 1er collège électoral et 24  Camerounais élus par le 2ème collège Électoral. Cette Assemblée vote le budget, délibère sur les projets qui lui sont soumis par le Haut- Commissaire, formule des vœux et  émet des avis.

ATCAM :

En 1952 l’ARCAM est remplacée par l’ATCAM (assemblée territoriale du Cameroun élue par un double collège de 580 000 électeurs.
Elle comprend 50 membres dont 18 français et 32 camerounais peu après elle sera en réalité composée de 21 Français et de 29 Camerounais.  L’ATCAM à des pouvoirs plus étendus que l’ARCAM en ce sens qu’elle s’intéresse aux domaines financiers économiques, sociaux et administratifs.
Cette assemblée sera dissoute le 08 Novembre 1956 pour faire place à une autre qui doit étudier un projet de statut du Cameroun préparé par le gouvernement français.

Les élections de la nouvelle ATCAM ont lieu le 23 décembre 1956 malgré les troubles provoqués par l’UPC. Composée de 70 membres et après amendement, le projet de statut est adopté.

Le décret du 16 Avril 1957 met en place les nouvelles institutions Camerounaises.

Le Cameroun devient donc un État sous Tutelle. La citoyenneté Camerounaise est reconnue. Les emblèmes du nouvel État sont choisis notamment :

Le Drapeau, L’ Hymne National, La devise.

ALCAM :

Le 09 Mai 1957 l’ATCAM se transforme en ALCAM (Assemblée législative du Cameroun) en application du nouveau statut du Cameroun.

L’ALCAM se réunit pour investir le premier Ministre désigné Mr André Marie Mbida : le 10 Mai devient jour de fête nationale.

Le 22 Juin 1958 l’ALCAM  avec Monsieur Ahidjo comme premier Ministre opte pour l’autonomie interne complète qui sera accordée le 1er Janvier 1959.

L’ALCAM demande le 24 Octobre 1958 indépendance pour le 1er Janvier 1960.

Principaux partis politiques du Cameroun de 1945-1959 :

De 1845 à 1959, les principaux partis politiques qu’a connu le Cameroun sont :

- L’union des populations du Cameroun (UPC) : fondée le 10 Avril 1948 par Ruben Um Nyobe, l’UPC était une section locale du remplacement démocratique Africain (RDA), elle est dirigée par un bureau politique et demande l’indépendance immédiate de la réunification du Cameroun pour atteindre ses objectifs. Elle n’hésite pas à déclencher une campagne de violence dans le pays ; Un maquis se forme en pays Bassa et Bamiléké le sang coule. Les troubles ainsi provoqués dureront jusqu’à après l’indépendance.

- L’évolution sociale Camerounaise (ESOCAM) : fondé en 1949 pour s’opposer à l’UPC, elle n’a pas réussi dans sa mission alors elle se scinde en plusieurs autres petits partis.

- Le bloc démocratique Camerounais (BDC) : fondé le 28 Novembre 1951, son leader est le docteur Ajoulat. Son influence s’étend surtout dans la région du Centre et les milieux Urbains de Yaoundé, Douala, Ebolowa. Il publie un journal "le Cameroun de demain", après les élections de 1956 qui voient l’échec du Docteur, la BDC commence à s’effriter et Monsieur Ahidjo qui en faisait partie lance l’union Camerounaise  (UC).

- L’Union social Camerounaise (USC) : elle est née en 1953 par Monsieur Okala mais ce parti connaît un déclin rapide.

- L’union Camerounaise (UC) : fondée par Monsieur Ahidjo en 1958 avec quelques élus du Nord, l’UC prêche l’union et l’unité Nationale, elle gagne toute les couches de la population du pays, elle reçoit l’adhésion d’autres hommes politiques et devient le parti majoritaire de l’Assemblée législative.

Au Cameroun Occidental :

L’évolution politique du Cameroun sous tutelle britannique n’a pas été le même que celui du Cameroun sous tutelle Français.
Le Cameroun sous tutelle anglais est rattaché Administrativement à la région autonome de l’Est du Nigeria, il est représenté par son délégué au conseil législatif de cette région.

 

 

En 1954 il devient l’une des régions autonome du Nigeria, divisé en 02 provinces : le Cameroun Septentrional et le Cameroun méridional, ce n’est qu’à partir de 1959 et jusqu’au 1er Octobre 1961 qu’il est Administré directement par la Grande-Bretagne.