République du Cameroun

04 novembre 1982 : démission d’Ahmadou Ahidjo de ses fonctions de PR

Selon plusieurs sources, « les journaux qui paraissent au lendemain de cette décision et d’autres sources généralement bien informées, expliqueront la soudaine démission d’Ahmadou Ahidjo par des raisons de santé. Le journal “Le Monde”, se faisant l’écho de renseignements puisés dans certains milieux médicaux français, écrit dans son édition des 6 et 7 novembre 1982, “des sources généralement bien informées croient savoir que M. Ahidjo qui n’est âgé que de 58 ans, souffrirait d’un diabète et d’un ulcère à l’estomac ».

Le 06 novembre 1982, Paul BIYA, alors Premier Ministre depuis 1975, accéda à la magistrature suprême, en vertu de la Constitution (amendement du 29 juin 1979) suite à la démission d’Ahmadou Ahidjo. Ce changement, considéré au départ comme un modèle de transition politique, fut ébranlé par d’énormes difficultés du fait de la volonté de l’ancien président de s’accrocher à un pouvoir qu’il avait librement abandonné.

Paul Biya Le 22 août 1983, le nouveau chef de l’Etat annonça la découverte d’un complot ourdi contre la sécurité de l’Etat par les partisans de l’ancien président. Le peuple camerounais se rangea du côté du nouveau Président dont l’action se fondait sur la rigueur et la moralisation, tel que prôné par le Président Paul BIYA. Ahmadou AHIDJO, qui s’était alors installé à l’étranger, fut obligé de démissionner du poste de président du parti qu’il occupait jusque-là.

Un Congrès extraordinaire du parti fut alors convoqué le 14 septembre 1983, à l’occasion duquel M. Paul BIYA fut élu Président national de l’UNC. Cette élection permis de mettre un terme au bicéphalisme qui existait entre l’Etat et le parti.

Le problème de la légitimité constitutionnelle et populaire du nouveau Président fut finalement résolu par l’organisation d’une élection présidentielle anticipée le 4 janvier 1984 au Cours de laquelle la double légitimité de M. Paul BIYA fut confirmée par plus de 99 % de suffrages exprimés.