Relation avec l'occident

Les destins de l’Europe, de la Méditerranée et de l’Afrique sont intimement liés. Il est illusoire d’espérer équilibrer les mouvements de population si les jeunes Africains ne peuvent travailler et s’épanouir « au pays » comme ils y aspirent légitimement. L’aide au développement est nécessaire. Mais c’est surtout d’investissements productifs que nos partenaires ont besoin. Alain Juppé

La relation à l’occident et notamment la France : Le Cameroun a historiquement un très grand contentieux à régler avec l’ancienne grande puissance coloniale la France. C’est le contentieux des morts de la guerre des indépendances qui a eu lieu de 1935 à 1971.

Remettre le dossier sur la table dépoussiérée Ouvrir ce débat débarrassé des haines et ressentiment 1 million de mort du fait de la répression de l’armée coloniale française et de ses supplétifs africains. Il faudra que soit définie une politique de la réhabilitation de la réconciliation, de la vérité et de la justice pour tous ces morts qui sommeillent dans l’inconscient traumatique du peuple camerounais et qui explique parfois le fait qu’il ait perdu ses repères.

C’est un peuple malade qui a plus d’1 millions de morts qui n’ont pas été pleuré, de morts sans sépultures. La France doit comprendre que comme elle l’a fait en Algérie, il est temps qu’elle mette des mots et pose des gestes sur le grand drame, la grande tragédie camerounaise. Ce pays est malade, on ne peut pas le ressusciter le redresser s’il n’y a pas un deuil, la célébration, la commémoration. Il faut une ré humanisation de toutes ces personnes, de toutes ces têtes coupées. Déportations, exécutions sommaires et massacres des indépendantistes, nationalistes ou souverainistes, qui ont donné de leur vie pour que le Cameroun soit un espace dés étranglé de la domination impériale.

Ce sont les conditions de redressement psychologiques de la nation. Ce devoir de mémoire est nécessaire pour écrire une nouvelle page de partenariat avec la France dont nous avons besoin. On expliquera aux camerounais qu’il faut se sortir l’anticolonialisme dogmatique ; qu’on ne peut pas gouverner le Cameroun contre la France. Il faut gouverner le Cameroun pour les camerounais. La France a des intérêts dans le golfe de Guinée. Gouverner le Cameroun passera nécessairement par la coopération avec les grandes puissances au nom de la réalité politique et non de la politique émotionnelle.

La haine n’a jamais pu fonder une politique d’Avenir. Il faut une spontanéité créatrice, une générosité de l’esprit, de la raison et du cœur.