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Parcours révolutionnaire

Qui ne se souvient quelques années plus tard de cette phrase : « J’ai appris que le ministre Dibonan Koné me recherche. Si vous le voyez, dites-lui que moi aussi, je le cherche ». C’était la réplique donnée par Guillaume Soro, alors Secrétaire de la FESCI à l’ancien ministre de la Sécurité, M. Dibonan Koné, sous Henri Konan Bédié, Président de la République de Côte d’Ivoire ; Qui en 1995, continuant à appliquer la position dure du gouvernement, avait déclaré, lors d’une conférence de presse que quiconque affirmerait être membre de la Fesci serait considéré hors- la- loi.

Considéré comme l’ennemi N°1 du sphinx de Daoukro, Guillaume Soro a tourmenté la vie des autorités ivoiriennes avec la FESCI, à tel point qu’un avis de recherche avait été lancé contre lui, par les services de sécurité de l’époque.

A cette époque d’ailleurs, les réunions de planification et les conférences de presse de la FESCI étaient souvent brutalement interrompues par des descentes musclées de la police. Des centaines de membres de dirigeants de la FESCI ont été arrêtés, maintenus au secret et, la plupart du temps libérés sans inculpation. Beaucoup ont été confrontés à des conditions pénibles lors de leur détention, notamment des privations de nourriture, des passages à tabac et des actes de tortures. Presque tous les dirigeants de la FESCI pendant les années 90 ont passé quelques temps en prison à tel point que Martial Ahipeaud et Guillaume Soro avaient été considérés par Amnesty International comme des « prisonniers de conscience ».

Certains parmi eux, un peu plus fébriles, ont, à des occasions, tenté de trahir leurs camarades. Parmi  les plus téméraires se trouvait le charismatique Guillaume Soro, qui bien que soumis à de rudes épreuves, à des traitements inhumains à l’Ecole de police,  n’a jamais abdiqué. Il est toujours resté digne devant la douleur. Certains cadres du PDCI originaires du Nord du pays à l’instar de Guillaume Soro, dont Laurent Dona Fologo, n’arriveront point à le convaincre de surseoir à la lutte, même en lui donnant des conseils dans sa langue vernaculaire, le Niarafolo. L’homme était très obstiné et téméraire.

Grâce à  Guillaume Soro en 1997, après des vagues continues de grèves et des manifestations estudiantines qui ont provoqué la paralysie quasi-totale du campus de l’Université d’Abidjan, le Président Bédié qui avait pour obsession de rayer la FESCI de la carte des syndicats par la répression s’est résolu à discuter avec les leaders du mouvement. En septembre de la même année, le Président Henri Konan Bédié annonçait que « l’heure est venue de mettre fin à une crise qui fait du tort à la nation entière » promettant que davantage de moyens seront consentis au système universitaire.

Une semaine plus tard, l’interdiction frappant la FESCI est levée. Guillaume Soro venait de remporter un grand combat faisant de lui un leader respecté. En dépit des emprisonnements et autres intimidations, SORO est resté constant dans la lutte. Rien, absolument rien n’entamera ou n’altèrera  l’objectif principal qu’il s’est fixé  de restituer à la ‘’gente’’ estudiantine tous ses Droits.

La noblesse de ses actions le hisse au sommet des sondages. Même le quotidien gouvernemental Ivoir’Soir est ‘’séduit’’ par le jeune prodige. Guillaume SORO est ‘’élu L’Homme de l’année 1997’’, titre prestigieux que même les requins du pouvoir Bédié convoitaient.

Une fois que la FESCI a été en mesure de fonctionner ouvertement, et alors que le paysage politique ivoirien dans son ensemble connaissait une plus grande ouverture, des fissures politiques ont commencé à voir le jour au sein du leadership de l’organisation. En 1998, la FESCI tient ses premières élections publiques, le candidat du secrétaire général sortant et numéro 2 dans la hiérarchie de l’Organisation, Karamoko Yayoro, en confrontation avec Charles Blé Goudé. Blé Goudé remporte les élections.

Certains avaient vu dans ces élections une lutte pour le contrôle de la FESCI entre deux partis politiques, le RDR et le FPI. Chacun à son humble niveau pourra en tirer ses conclusions aujourd’hui. SORO n’a eu de cesse de se battre  corps et âme contre la propension des gouvernants de l’époque à  promouvoir et  à imposer ‘’la pensée unique" au sein de l’Institution universitaire.

Déçu par la politique ivoiritaire mise en place par le pouvoir, alors qu’il est du cœur de la gauche africaine, Guillaume Soro milite juste avant l’avènement du second millénaire dans le Rassemblement Des Républicains (RDR) du Docteur Alassane Ouattara, parti d’obédience libérale. Ce qui pourrait amener certains à s’interroger sur son orientation idéologique. Pour Guillaume Soro, il convient de rappeler que le RDR, sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, pratique un libéralisme social qui est en parfaite convergence avec le socialisme libéral qu’il a toujours défendu.

Lorsque la rébellion éclate le 19 Septembre 2002, c’est contre toute attente que la Communauté nationale et internationale découvre le visage de Guillaume Soro, qui assume fièrement la paternité de ce coup de force.