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Célébrés en France mais fortement haïs au Cameroun ; Roland Pré comme Pierre Mesmer sont deux bourreaux de l'administration française coloniale qui ont fait massacrer des centaines de milliers de camerounais. Les témoignages historiques des survivants qui ont subi les exactions et les tortures de cette armée française coloniale aux ordres de ces deux négriers-esclavagistes relatent des faits atroces. Beaucoup de Camerounais pensent qu'il doivent (même à titre posthume s'il le faut), être poursuivi pour crimes de guerre comme les nazis de l'Allemagne Hitlérienne en fuite après la seconde guerre mondiale. Une évaluation en nombre de morts conclu que ces deux lugubres personnages ont liquidés plus de 80 000 âmes pour une population d'environ 3 000 000 d'habitants.! 

Mercredi 25 mai 1955, à Yaoundé, l’armée coloniale tire sur des manifestants aux mains nues, en provenance du quartier Mokolo, qui se rendent à l’Hôpital Central pour retirer le corps d’un boy assassiné par un colon trois jours auparavant. Il y a des morts. La ville est bouclée. Le couvre-feu est instauré, de 6 heures du soir à 6 heures du matin. Roland Pré, le Haut-commissaire de la République française au Cameroun, est enfin parvenu à noyer, dans le sang, la contestation du colonialisme, dans ce territoire sous tutelle des Nations Unies, à l’administration confiée à la France. Retour sur ce triste évènement.

Par un décret de Roland Pré du 19 février 1955, haut-commissaire de la France au Cameroun, les fonctionnaires sont autorisés à se munir d’armes et à utiliser la force pour empêcher l’UPC de se manifester à quel que endroit que ce soit au Cameroun.

Dès le mois de mars et le mois d’avril 1955, Roland Pré avait fait venir de Fort-Lamy (Ndjamena aujourd’hui) des troupes militaires françaises en renfort de celles déjà présentes au Cameroun. Le 12, le 19 et le 20 mai, d’autres étaient arrivées, en provenance de Brazzaville et de Bangui.

De même, au mois d’avril 1955, il avait donné le feu vert à un parti soutenu par l’administration et dénommé Rassemblement du Peuple Camerounais, RPC, de disperser physiquement toutes les réunions et rencontres que l’UPC allaient continuer à organiser. Abel Kingué, vice-président de l’UPC, s’était vu ainsi molesté, en région Bamilékés, par les militants de ce parti, véritable milice à la solde de Roland Pré un "bourreau sanguinaire français" qui massacra des centaines de milliers de camerounais et qui aurait dû être poursuivi pour "Crimes contre l'Humanité".

                        

Dimanche 15 mai 1955, dans la ville de Mbanga, la troupe disperse violemment la population venue assister à un meeting de l’UPC. Celle-ci ne se laisse pas faire. Il y a une bagarre générale. Des manifestants comme des gendarmes sont blessés.

Une semaine plus tard, à savoir le dimanche 22 mai 1955, toujours à Mbanga, 150 militants de l’UPC affrontent la police coloniale. Un gardien de la paix est grièvement blessé. Il succombera de ses blessures à l’hôpital.

Le même jour, le Front National, un autre parti protégé par Roland Pré, voit son meeting dispersé, cette fois-ci, par des militants upcistes, en réaction à l’attaque subie de la part du Rassemblement du Peuple Camerounais, RPC, quelques jours auparavant. La police coloniale procède à l’arrestation de plusieurs militants de l’UPC.

Lundi 23 mai 1955, un nouveau meeting de l’UPC est organisé à Nkongsamba. Des militants de Mbanga sont venus en renfort. Une bagarre se déclenche de nouveau avec les forces de l’ordre coloniales. Deux militants upcistes sont tués, tandis que plusieurs policiers et gendarmes sont grièvement blessés.

Le même 23 mai 1955 à Douala, dans la nuit, des groupes d’auto-défense upcistes se forment tout autour du siège de l’UPC pour en assurer la protection, car la police et la gendarmerie coloniales s’apprêtaient à l’incendier.

Le mercredi 25 mai 1955, en début d’après-midi, des militants upcistes attaquent la prison de New-Bell et libèrent de nombreux détenus. On estime le nombre de militants de l’UPC ayant participé à l’attaque à 1.500. Pendant toute la journée, près de 3.000 militants de l’UPC dressent des barricades à travers la ville, en criant, à tue-tête, « Nous voulons la réunification et l’indépendance », font descendre de leurs automobiles tous les Blancs qui passent et les molestent. Deux Blancs sont tués. La police coloniale intervient, sept upcistes sont, à leur tour, tués.

A 19 heures, le couvre-feu est décrété à Douala.

Mercredi 25 mai 1955, toujours à Nkongsamba, une nouvelle bagarre éclate avec les forces de l’ordre coloniales. Par bonheur, cette fois-ci on ne déplore pas de morts.

Le même jour à Loum, les upcistes attaquent la prison où sont enfermés leurs camarades de parti. On dénombre environ deux cents manifestants. Six sont tués, tandis que cinq sont grièvement blessés. La route Douala-Nkongsamba est coupée.

Le jeudi 26 mai 1955, les forces de l’ordre coloniales attaquent, à l’aube, le siège de l’Upc, et procèdent à de nombreuses arrestations d’upcistes.

Le vendredi 27 mai 1955, plusieurs maisons aux alentours du siège de l’UPC prennent feu ; les upcistes accusent les forces de l’ordre coloniales, et estiment que c’est leur siège qui était visé.

Le même jour, la route Douala/Yaoundé est bloquée. Des militants upcistes brandissent des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Blancs, rentrez chez vous, quittez notre pays ».

En région Bamilékés, il est procédé à des destructions de ponts, à des coupures de routes et de lignes téléphoniques. Les militants upcistes brandissent les mêmes pancartes : « Blancs, rentrez chez vous, quittez notre pays ».

Le samedi 28 mai 1955, les militants du Rassemblement du Peuple Camerounais, RPC, détruisent la permanence de l’Upc à Bafoussam.

Le dimanche 29 mai 1955, les militants du Rassemblement du Peuple Camerounais, RPC, détruisent la permanence de l’UPC à Bafang.

Sources - Camer News : https://www.camernews.com/70103-2/