• Description

Le Grand Philosophe Africain vient de prendre ses quartiers dans le siècle des siècles.
           Reconnaissance infinie et regrets éternels, Cher Maître Vénérable !

Hommage : "J’ai revu le Professeur Eboussi Boulaga pour la dernière fois en Côte d’Ivoire, je crois en 1998. Lors d’un Colloque sur l’Afrique à l’Université d’Abidjan Cocody".

Fabien Eboussi Boulaga est une intelligence africaine peu connue. Titulaire d'une licence de théologie obtenue à l'Université de Lyon, docteur en philosophie puis en lettres, il fut enseignant à Abidjan, puis professeur à l'Université de Yaoundé.

Il est ordonné prêtre en 1969 et incorporé dans la compagnie de Jésus en 1973. Il se fait remarquer par ses prises de positions notamment dans la publication du Bantou problématique en 1968, et par ses prises de position théologiques, notamment dans La démission en 1974 qui provoqua un tollé dans les milieux ecclésiastiques ; en effet, le document appelait au départ organisé des missionnaires.
 
Trois ans plus-tard, il publie La Crise du Muntu qui se penche sur les questions d'authenticité et de tradition très en vogue dans les années 1970. En 1980, il décide de quitter les Jésuites et demande son retour à l'état laïc ; ce départ de la vie sacerdotale et religieuse vient à la suite d'une réflexion bien murie et nourrie : en effet Eboussi affirme avoir « perdu la foi » dès 1969. Il publie une année plus tard Christianisme sans fétiche. C'est une critique des prétentions dogmatiques et métaphysiques du catholicisme en contexte colonial.

Il s'engage dans les années 1980 dans des associations de défense des droits de l'homme. Il publie des ouvrages, d'abord sur la théologie, puis sur la politique. Depuis 1994, il est professeur de l’Institut catholique de Yaoundé.

Un entretien préparé par Delphine Abadie et Adam Abdou Hassan, et réalisé par Samuel Nguembock.

Franklin Nyamsi Wa Kamerun
Sources : ThinkingAfrica1
Ajoutée le 11 mai 2016