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 Guillaume Soro et Alain Lobognon, Compagnons de la liberté.

Arrêté le 15 janvier 2019 sur ordre du Procureur d’Abidjan, Richard Adou, qui obéissait aux ordres du ministre de la justice Sansan Kambilé, lui-même assujetti aux injonctions du nouveau dictateur de la Lagune Ebrié, Alassane Dramane Ouattara, le député Alain Michel Lobognon, un proche de Guillaume Kigbafori Soro était jugé pour avoir publié quelques semaines plus tôt, un simple tweet...

   

Très tôt ce mardi 13 février 2019, la cour d'appel du Tribunal d'Abidjan, sous les ordres exprès du Ministère Public, siégeait autour de l'Affaire du Député Lobognon, embastillé pour avoir publié un Tweet en début Janvier 2019, dans lequel il défendait un de ses collègues menacé d'arrestation sur ordre du Clan Ouattara. Au terme du procès du jour, le député Lobognon est condamné à 6 mois de prison avec sursis, avec libération immédiate. Une piteuse reculade d'un pouvoir qui se croyait tout permis avant que le front républicain et diplomatique international ne se dresse complètement contre Ouattara!

L'ubuesque de l'affaire a défrayé la chronique. Depuis près d'un mois, Alain Michel Agnima Lobognon croupissait donc en cellule, au mépris total de son immunité parlementaire. Courageux et déterminé, appuyé par une armada d'avocats pugnaces, dont Maître Affoussiata Bamba-Lamine, Alain Lobognon a sonné du fond de sa cellule les tympans bouchés du régime Ouattara par des lettres brûlantes de vérités crues et d'audace visionnaire. Ce soir du 13 février 2019, c'est donc un député Alain Lobognon encore plus fort,  grandi par son acte de résistance citoyenne qui retrouvera sa famille ce soir et reprendra, sans coup férir, le chemin de la lutte pour la reconquête des libertés fondamentales du peuple ivoirien.

Comment comprendre la reculade du dictateur ivoirien?

C'est le Président de l'Assemblée Nationale d'alors, Guillaume Kigbafori Soro, quelque temps avant sa démission, qui a sonné et coordonné la mobilisation. Le Bureau du Parlement ivoirien, sous son inspiration, a voté la libération immédiate du Député et l'arrêt des poursuites judiciaires. Des députés de tous bords, dans cette même veine, ont requis la fin des violations des droits du législatif. La Compagnie citoyenne du Leader Générationnel ivoirien s'est mobilisée comme un seul homme, tout comme l'ensemble des partis politiques de l'opposition et des organisations des droits humains dans le pays. Un front commun citoyen s'est de facto levé dans le pays contre le énième abus du monarque présidentiel. Ouattara a ainsi rapidement perdu le masque qui constituait son ancienne façade modernité, puis les boucliers de la pertinence et de la communication. Le dictateur des lagunes a rapidement été habillé pour tout l'hiver, des pieds à la tête par une pluie d'éditoriaux cinglants, à travers la Côte d'Ivoire, l'Afrique et le monde.

Les magistrats et les avocats ivoiriens se sont levés comme un seul homme contre les dérives de Ouattara, dans la foulée. Puis, ce fut le tour de l'APF, de l'UIP, d'Amnesty International, de se relayer en vagues de protestations argumentées et documentées contre l'hubris du président de la minorité RHDP, née de l'implosion de l'ancienne majorité présidentielle.  Malgré cette houle de protestations nationales et internationales, et pendant qu'il se faisait écraser sur les réseaux sociaux, le régime RHDP multipliait des gestes d'arrogance et de véhémence contre ses contempteurs pourtant très déterminés.

La démission spectaculaire et historique du Président de l'Assemblée Nationale Guillaume Soro le 8 février 2019, semble être venue définitivement renverser la vapeur en défaveur du régime. Tout d'un coup, l'évidence s'est imposée: Ouattara est bel et bien à la tête d'un RHDP qui n'est plus que l'ombre de lui-même, un Clan solitaire aux sommets escarpés du pouvoir.

Mais, c'est lorsque le Secrétaire d'Etat Américain David Hale a sommé le président Alassane Dramane Ouattara de renoncer au projet de viol constitutionnel pour un prétendu 3ème mandat en 2020, et lorsque le Président français Emmanuel Macron l'a convoqué dans la foulée pour une audience le 15 février prochain à 18 à l'Elysée, que le dictateur Ouattara a commencé comme on le dit ordinairement à Abidjan, à " prendre drap" (paniquer).  En effet, et en profondeur, les parlementaires français, choqués par l'attitude de Ouattara et mobilisés par le Leader Guillaume Soro dans le cadre de l'Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF)  dont il est le Vice-Président mondial, mais aussi les parlementaires du monde entier membres de l'Union Inter Parlementaire (UIP), ont obtenu du Chef de l'Etat français qu'il recadre son homologue ivoirien. L'audience du 15 février 2019 à l'Elysée était entièrement conditionnée par la libération du député ivoirien par Ouattara. Ce dernier, de guerre lasse, s'est donc soumis sans broncher au préalable du Chef de l'Etat Français Emmanuel Macron, qu'il n'osera jamais traiter publiquement de "jeune homme", alors que l'ancien Président du Parlement Guillaume Soro, avec lequel il s'est permis ces polissonneries anti-républicaines en Côte d'Ivoire, est de six ans plus âgé que le Président Français.

Toute honte bue, c'est un Alassane Dramane Ouattara, le profil bien bas, qu'on verra ce 15 février 2019 dès 18 heures au Palais de l'Elysée en France. L'Histoire retiendra qu'à peine rendu dans l'opposition, Guillaume Kigbafori Soro a fait mordre à la dictature du Clan d' Alassane Ouattara son premier carré de poussière, un certain 13 février 2019, en obtenant la libération du député innocent Alain Michel Lobognon. Et ce n'est pas la honteuse et scandaleuse peine de sursis de 6 mois de prison - au mépris de l'article 94 de la Constitution ivoirienne- qui cachera la cinglante déconvenue du très isolé Président du RHDP unifié. La marche résolue vers la fondation de l'Etat de droit ivoirien reprend clairement de plus belle.

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LA NOUVELLE FORMULE DE LA DICTATURE IVOIRIENNE : "UN TWEET, UN AN DE PRISON "

Incarcération arbitraire d'un députe de Côte d'Ivoire Alain Michel Lobognon. 29 .01.2019

La capitale économique ivoirienne, Abidjan a été hier mardi 29 janvier 2019, le théâtre d’un des procès les plus iniques et honteux de l’histoire de ce pays. On jugeait un député au mépris de la loi ivoirienne. Au terme d'un procès bâclé et biaisé, un juge aux ordres condamnait le parlementaire Alain Michel Lobognon à 1 an de prison pour un 1 tweetcritique envers la justice corrompue du pays.  La soldatesque de Ouattara interdisait pour la circonstance, l’entrée des députés de la Nation venus assister au procès ubuesque, ridicule et grotesque intenté par le nouveau dictateur ivoirien à l’un de ses anciens ministres. La honte au summum de l’Etat de Côte d’Ivoire. « La mort de la démocratie ivoirienne » comme devait le souligner plus tard l’une des avocates d’Alain Lobognon, Maître Affoussiata Bamaba-Lamine.

Arrêté le 15 janvier 2019 sur ordre du Procureur d’Abidjan, Richard Adou, qui obéissait aux ordres du ministre de la justice Sansan Kambilé, lui-même assujetti aux injonctions du nouveau dictateur de la Lagune Ebrié, Alassane Dramane Ouattara, le député Alain Michel Lobognon, un proche de Guillaume Kigbafori Soro était jugé pour avoir publié quelques semaines plus tôt, un simple tweet qui annonçait l’intention du Procureur d’Abidjan d’arrêter au mépris de la loi son collègue député Jacques Ehouo, élu de la commune prisée du Plateau d’Abidjan.

Or de toute évidence, et contrairement à la vulgate du pouvoir qui s’est précipitée pour traiter ledit tweet de flagrant délit d’incitation à la violence, le député Jacques Ehouo était bel et bien pris en chasse par le régime Ouattara depuis qu’il avait fait mordre la poussière au candidat du parti au pouvoir lors de l’élection municipale du 13 octobre 2018. Ehouo faisait bel et bien l’objet d’un harcèlement policier et judiciaire depuis plusieurs jours avant le tweet querellé. Pour preuve, la résidence du député, au mépris de son immunité parlementaire et malgré les protestations du Parlement ivoirien, avait été assiégée par les forces de police plusieurs jours avant qu’Alain Lobognon ne dénonce le projet carcéral du Procureur de la République Richard Adou à l’encontre de son collègue.

Voici par exemple ce qu’observait un organe de presse de la place, Connectionivoirienne.net, le 9 janvier 2019, soient 7 jours avant le tweet protestataire du député Lobognon :

« Selon nos informations, contrairement aux affirmations du Procureur de la République Adou Richard, la résidence du Député Ehouo Jacques a bel et bien fait l’objet d’une perquisition ce mercredi 9 janvier, par des éléments se réclamant de la police économique. »[2]

Pourquoi Alain Lobognon ne serait-il pas fondé à penser que le Procureur qui au mépris de la séparation des pouvoirs et précisément de l’article 92 de la constitution ivoirienne qui interdit d’engager des poursuites contre un parlementaire durant toute la durée de sa mandature, harcelait son collègue depuis plusieurs jours, ne se préparait pas à l’arrêter ? Lorsqu’on encercle de soldats votre domicile, lorsqu’on perquisitionne votre domicile au mépris de la loi, votre arrestation voire votre assassinat sont-ils encore à exclure comme perspectives ?

En réalité le procès ténu hier a pu établir que c’est en raison de sa proximité avec l’actuel Président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Kigbafori Soro, que le député Alain Michel Lobognon, ciblé parmi des milliers d’autres protestations aux dérives dictatoriales du pouvoir, a été arrêté par la police politique du pouvoir. Dans la même trame que l’arrestation le 9 octobre 2017 du Chef de protocole de Guillaume Soro, Koné Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, cette arrestation de Lobognon pue le chantage à mille lieues. L’ambition présidentielle de Guillaume Soro pour l’élection de 2020, se heurte à la volonté de l’autocrate Ouattara de se porter candidat à la même élection pour un troisième mandat, pourtant incompatible avec les articles 55 et 183 de l’actuelle constitution ivoirienne. Les limogeages, brutalités, intimidations, arrestations subis depuis quelques années par les proches et partisans de Guillaume Soro s’inscrivent dans une stratégie de rouleau compresseur du pouvoir pour écraser toutes les ambitions rivales à la volonté de capture de l’Etat de Côte d’Ivoire par le Clan Ouattara. Alain Michel Lobognon est donc bel et bien un prisonnier politique et le monde entier doit le savoir.

Comment s’achèvera ce cycle infernal de violations des libertés qui se poursuit inexorablement malgré les protestations argumentées d’Amnesty International, de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, de l’Union Interparlementaire, des Magistrats, avocats, parlementaires et associations de défense des droits humains en Côte d’Ivoire ? IL semble que l’opposition ivoirienne soit résolument mise en demeure de s’unir dans une Plateforme d’actions pour garantir l’Etat de droit indispensable à la survie collective de la Nation Ivoirienne. La libération du député Alain Michel Lobognon, loin de dépendre de l’équité disparue d’une justice accroupie sous Ouattara, proviendra certainement de la lutte organisée du Peuple Ivoirien pour imposer le respect de l’ensemble de ses libertés fondamentales. Guillaume Kigbafori Soro et Henri Konan Bédié ont l’insigne devoir de mener cette lutte urgente dans la solidarité intergénérationnelle.

Par Franklin Nyamsi Wa Kamerun
Pr. agrégé de philosophie, Paris-France
Publié le Mercredi 30 Janvier 2019

 

Ils en parlent :

[1] https://www.voaafrique.com/a/le-depute-pro-soro-lobognon-condamne-a-un-an-de-prison-pour-un-tweet/4764129.html

[2] https://www.connectionivoirienne.net/142753/cote-divoire-le-domicile-du-depute-maire-du-plateau-ehouo-jacques-perquisitionne-a-abidjan